Les Pyrénées sont une chaîne jeune à l’échelle de la Terre, née de la rencontre de deux plaques puis sculptée par les glaces. Aucun secteur ne l’illustre mieux que le site Pyrénées – Mont Perdu, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1997. Cet article raconte, en langage simple, comment ces montagnes se sont formées, des mers anciennes aux cirques d’aujourd’hui.
Une mer, puis une collision
Avant d’être des montagnes, les Pyrénées ont été une mer. Pendant des dizaines de millions d’années, des eaux chaudes et peu profondes ont recouvert la région. Coquilles, débris de coraux et boues s’y sont déposés couche après couche et ont formé d’épais bancs de calcaire, au-dessus d’un socle bien plus ancien de granite et de schistes, que l’on retrouve par exemple dans le massif du Néouvielle.
Puis la plaque ibérique est venue buter contre la plaque européenne. Cette collision, très lente, a commencé il y a plusieurs dizaines de millions d’années. Sous la pression, les couches se sont plissées, cassées et empilées, et le fond de la mer s’est soulevé jusqu’à devenir un massif. C’est pourquoi l’on trouve des fossiles marins à très haute altitude.
Plis et chevauchements : les calcaires du Mont Perdu
Dans la zone du Mont Perdu, la compression a empilé de grandes plaques de roche les unes sur les autres, un peu comme des tuiles qui glissent : les géologues parlent de chevauchements. Le Mont Perdu, qui dépasse 3 300 mètres, est souvent présenté comme le plus haut massif calcaire d’Europe.
Le cirque de Gavarnie en offre la lecture la plus parlante. Ses parois, étagées en gradins sur une grande hauteur, montrent l’empilement des couches comme les pages d’un livre ouvert. La cascade qui s’en échappe, haute de plus de 400 mètres, tombe depuis le haut de la muraille.
Le sculpteur de glace
Au cours du Quaternaire, le climat a connu de grandes périodes froides. Des glaciers se sont formés dans les hauts bassins, puis se sont écoulés vers l’aval. En avançant, la glace a raboté les vallées, qu’elle a élargies en forme d’auge, et creusé en amont de grands amphithéâtres : les cirques. Gavarnie, Estaubé et Troumouse sont les trois grands cirques de la partie française du site.
Les vallées secondaires, moins creusées, sont restées suspendues au-dessus de la vallée principale, d’où les cascades. Les glaciers ont aussi laissé des lacs, des moraines et des blocs erratiques posés là où la glace les a abandonnés. Dans le secteur de Cauterets, la montée vers le Pont d’Espagne et le Lac de Gaube illustre bien une vallée façonnée par la glace.
Il reste aujourd’hui très peu de cette glace : de petits glaciers résiduels, accrochés aux versants froids des plus hauts sommets, comme ceux du Vignemale ou du Mont Perdu. Ils ont fortement reculé depuis la fin du Petit Âge glaciaire.
Un site reconnu à l’échelle mondiale
Le site Pyrénées – Mont Perdu est partagé entre la France et l’Espagne. Il est inscrit à la fois pour ses qualités naturelles et pour son paysage pastoral, ce qui en fait un bien dit « mixte ». Côté français, il s’appuie sur les grands cirques ; côté espagnol, sur les profonds canyons d’Ordesa, d’Añisclo et d’Escuaín. Son contexte est présenté dans l’article sur l’histoire et la géographie du parc, que complète le patrimoine naturel et culturel. Pour situer ces paysages, le tour des vallées, d’Aspe à Aure offre une vue d’ensemble.
À retenir
- Les Pyrénées sont nées de la collision des plaques ibérique et européenne, qui a soulevé d’anciens fonds marins.
- Les calcaires du Mont Perdu et du cirque de Gavarnie montrent les plis et les empilements de cette histoire.
- Les glaciers ont sculpté vallées en auge, cirques, lacs et cascades.
- Le site Pyrénées – Mont Perdu est inscrit au patrimoine mondial depuis 1997.



