L'isard (Rupicapra pyrenaica) est le chamois des Pyrénées et l'un des symboles du parc. Cousin du chamois des Alpes, c'est l'un des grands animaux sauvages que l'on a le plus de chances d'apercevoir en montagne, à condition de savoir où et quand regarder. Cette fiche présente sa silhouette, son rythme de vie, son histoire récente et la meilleure façon de l'observer.
Un acrobate des pentes
L'isard est un bovidé de taille moyenne, à la silhouette fine et musclée, parfaitement adapté aux terrains pentus. Ses sabots, durs sur les bords et souples au centre, lui assurent une excellente adhérence : il passe d'une vire à l'autre avec une aisance qui surprend toujours les marcheurs qui l'observent.
Mâles et femelles portent des cornes fines et noires, qui montent droit avant de se recourber en crochet vers l'arrière. Contrairement aux bois du cerf, elles ne tombent jamais.
Son pelage change selon les saisons. Roux clair en été, il devient plus épais et brun sombre en hiver, avec une face plus claire que souligne une bande foncée sous l'œil.
Une année d'isard
L'isard fréquente les pelouses d'altitude, les pentes rocheuses, les falaises et les lisières de forêt. Herbivore, il broute herbes et fleurs en été, puis se contente en hiver de ce que la neige laisse à découvert : herbes sèches, bourgeons, aiguilles, lichens.
Le rut a lieu en automne et se prolonge jusqu'au début de l'hiver. Les mâles, souvent solitaires le reste de l'année, rejoignent alors les groupes de femelles et se poursuivent sur les pentes. Les jeunes naissent à la fin du printemps.
L'hiver est la saison critique. Les animaux descendent volontiers vers des versants dégagés, près des forêts, où la neige tient moins, afin d'économiser leur énergie. Chaque fuite imprévue entame alors des réserves difficiles à reconstituer, ce qui explique l'importance de la quiétude en hiver pour les skieurs et les randonneurs en raquettes.
Du déclin au retour
L'isard a longtemps été chassé pour sa viande et pour sa peau, et ses effectifs ont beaucoup diminué avant la création du parc, en 1967. La protection de cet animal emblématique figurait parmi les motivations de cette création. Depuis, les populations se sont nettement reconstituées et l'espèce est aujourd'hui bien présente dans la plupart des vallées.
Ce retour n'a rien de définitif ni d'uniforme. Des épisodes sanitaires ont parfois fait reculer des groupes locaux, et le dérangement répété, en particulier en hiver, peut fragiliser les animaux.
Où et comment l'observer
Le meilleur moment se situe à l'aube ou en fin de journée, quand les isards sortent sur les pelouses. Munissez-vous de jumelles et scrutez les pentes herbeuses au-dessus de la forêt, le pied des falaises et les cirques : on repère d'abord de petits points sombres qui bougent lentement. Les mêmes prairies abritent souvent des marmottes, et les itinéraires décrits dans la page sur les itinéraires de randonnée traversent ces milieux.
Si un isard vous repère, il émet un sifflement sec et s'enfuit sur la pente : c'est le signal qu'il faut reculer. Restez sur les sentiers, parlez bas et ne vous approchez pas, même pour une photographie. Les chiens ne sont en principe pas admis dans le cœur du parc, et ailleurs ils doivent rester sous contrôle. Les règles pouvant évoluer, vérifiez-les auprès du parc avant de partir.
Pour replacer l'isard parmi les autres espèces, la page sur la faune du parc présente l'ensemble des animaux à connaître.
À retenir
- L'isard est le chamois des Pyrénées ; mâles et femelles portent des cornes en crochet qui ne tombent jamais.
- Rut en automne, naissances à la fin du printemps, hiver éprouvant : le dérangement hivernal coûte cher.
- Son histoire est celle d'un retour après un net recul, que la protection a rendu possible.
- On l'observe à l'aube et au crépuscule, avec des jumelles, à bonne distance.



